Angela Merkel vient de changer d'avis en déclarant que l'Allemagne est "en guerre" contre Daesh (comme Hollande - Valls). C'est contre productif, voici pourquoi :
1) L'acte terroriste de Daesh, devenu acte de guerre, se trouve quelque peu "normalisé". En effet, l'Occident jete des bombes sur la tête de Daesh, en retour, Daesh jette sur l'Occident quelques camions ou explosifs. L'abomination absolue du terrorisme se trouve ansi perdue dans cet échange entre belligérants, alors que l'on a affaire, d'un côté à une démocratie et de l'autre, une bande de criminels.
2) On fait la guerre entre des armées, commandées par des pouvoirs politiques, supportées par des populations. L'Allemagne en guerre avec les criminels de Daesh, en tant que pouvoir politique, suppose qu'une population est derrière eux. Où ? En Allemagne ? Ailleurs ? Qui est elle ? Que faire d'elle en cas de "victoire" ?
3) Les actes terroristes, devenus des actes de guerre, seraient d'autre part, selon le concept de guerre défini par Clausewitz (*), un prolongement de la politique. En tant que "politique", le terrorisme serait aussi un "art du compromis" (Talleyrand) ... Quels compromis envisagera-t-on avec Daesh ?
4) Par ailleurs, Clausewitz (*) prétend que dans la guerre, le plus important consiste dans les forces morales en jeu. Dans ce cas, que dire des nôtres, que dire des leurs ?
(*) De la guerre
NHV - 21/12/2016