Les Zanj sont des esclaves noirs capturés sur la côte orientale de l'Afrique (leur nom donne des toponymes actuels comme "Zanzibar" ...). Leur exploitation, particulièrement cruelle et inhumaine, était à l'origine de plusieurs soulèvements, rapidement réprimés.
Ce n'est qu'en 869, sous le commandement de Ali ibn Mohammed, un chef talentueux et charismatique, qu'une révolte prit de l'ampleur, devenant "l'une des rébellions les plus sanglantes et les plus destructrices que l'histoire de l'Asie occidentale a enregistré" (Nolkede).
Les Zanj parvenaient à occuper plusieurs grandes ville comme Bassorah, Suq al-Ahwaz, al-Ubulla, Abbâdân, Wâsit, Djubba ... Ils édifiaient des forteresse, fondaient une cité (Al-Mukhtarah), organisaient une marine et frappaient leurs propres monnaies.
L'armée du Califat Abasside, même commandée par un Régent, fut de nombreuses fois mise en déroute.
En 883, au terme d'une campagne de 2 ans et demie, dans un ultime effort de mobilisation, les troupes commandées par le père et le prince héritier du Calife Al Mutadid, arrivèrent, finalement, à vaincre les Zanj ...
Le nombre de morts résultant de cette révolte varient entre 300 milles et 2 millions et demie, selon les sources.
Les partisans des Zanj semblent ne pas se limiter aux seuls esclaves noirs, mais s'étendent aux musulmans avides de pureté et d'égalité, indignés contre l'asservissement sans scrupule des êtres humains, et rejetant un ordre social qui consacre la perpétuelle supériorité d'une prétendue classe "supérieure" (kharidjisme, pour certains).
NHV - 05/3/2022