Jésus, s’il avait le droit de vote, aurait fait un choix on ne peut plus clair :
« Vends ce que tu possèdes, donne-le aux pauvres » - Matthieu 19:21
Et :
« Vendez ce que vous possédez, et donnez-le en aumônes » - Luc 12:33
Ou encore :
"Que celui qui a deux tuniques partage avec celui qui n'en a pas, et que celui qui a de quoi manger fasse de même" - Luc 3 : 11
Sans oublier la Parole Divine à travers le prophète Isaïe : « (Ce) que je préfère : […] n’est-ce pas partager ton pain avec l’affamé, héberger chez toi les pauvres sans abri, et, si tu vois un homme nu, le vêtir. » (Isaïe 58, 6-7.)
Vous avez compris : bonjour l’augmentation impitoyable des impôts et cotisations sociales (au point de devoir vendre vos biens !), de même que l’escalade des allocations et aides sociales divers.
Prions Dieu ( !) que des "méchants" palestiniens comme Jésus ne votent jamais, ni chez eux, ni ailleurs …
Le pire c’est que cette pensée « criminelle » de Jésus est suivie à la lettre par ses chrétiens. Enfin, les premiers seulement, car depuis, les choses ont bien changé. En effet, 70% des catholiques pratiquants français votent à droite en 2017 ! A penser que ces gens-là ne veulent plus entrer au « Royaume des Cieux » ! En effet, Jésus leur disait :
« Je vous le dis en vérité, (…) il est plus facile à un chameau de passer par le trou d'une aiguille qu'à un riche d'entrer dans le royaume de Dieu » Matthieu 19 : 23-24
Par ailleurs, dans Luc 16 : 19-31, on relate l’histoire d’ un riche qui se trouve, comme prévu, au fond de l'Enfer, endurant mille souffrances. Il regarde le mendiant autrefois couché devant sa porte, goûter maintenant aux délices du Paradis, et demande de revenir chez les vivants pour prévenir ses cinq frères, tous fortunés, du malheur qui lui arrive … La réponse (de Abraham) est cinglante : « il y a entre nous et vous un grand abîme, afin que ceux qui voudraient passer d'ici vers vous, ou de là vers nous, ne puissent le faire ». Le riche insiste : « mais si quelqu'un des morts va vers eux, ils se repentiront. Et Abraham lui dit: S'ils n'écoutent pas Moïse et les prophètes, ils ne se laisseront pas persuader quand bien même quelqu'un des morts ressusciterait. »
Ces échanges veulent tout simplement dire que la rupture entre le Paradis et les accumulateurs de richesse est totale …
Dans le monde du vivant, il semblerait également que le châtiment réservé aux gens qui souhaitent avoir une « propriété privée » est également impitoyable. Dans les "Actes des Apôtres" (5:1-11) il est relaté que Pierre n’hésite pas de punir de mort un couple de fidèles coupables d’avoir caché des richesses pour eux au lieu de les verser au patrimoine commun. Ces "héros" ne sont autres que les premières victimes des "infâmes" anti-propriétaristes dans l’histoire de l’humanité … Leur nom mérite d’être retenus. Il s’agit de Ananias et Saphira.
Dans ces conditions, qui donc ira au Paradis ? Les Saintes Ecritures cernent leur profil assez clairement, comme suit :
« Ils vendaient leurs propriétés et leurs biens, et ils en partageaient le produit entre tous, selon les besoins de chacun » Actes 2:45
Et :
« Car il n'y avait parmi eux aucun indigent: tous ceux qui possédaient des champs ou des maisons les vendaient, apportaient le prix de ce qu'ils avaient vendu, et le déposaient aux pieds des apôtres; et l'on faisait des distributions à chacun selon qu'il en avait besoin ». Actes 4:34-35
ou encore :
« La multitude de ceux qui avaient cru n'était qu'un cœur et qu'une âme. Nul ne disait que ses biens lui appartenaient en propre, mais tout était commun entre eux ». Actes 4 : 32.
Si ce n'est pas cela le Communisme (quelle horreur !) ...
Mais qu’est ce qui rend Jésus et son Parti si radicalement anti capitaliste ? Eh bien, la politique, mes chers amis, encore et toujours !
En effet, il y a une concurrence féroce entre l’argent et Dieu :
On lit dans l’Evangile de Mathieu :
“Nul ne peut servir deux maîtres : ou bien il haïra l’un et aimera l’autre, ou bien il s’attachera à l’un et méprisera l’autre. Vous ne pouvez pas servir Dieu et l’argent” (Mat, 6. 24).
Dans le texte grec de cette évangile, « l’argent » est désigné du nom de Mammon, une idole païenne, autrement dit un autre dieu, un concurrent …
Cette idole ne doit pas être combattue que par fidélité au vrai Dieu, mais surtout parce qu'elle est mauvaise par nature, entrainant avec elle dans le Mal, ses adorateurs, comme il est dit dans le Tanakh : « Celui qui aime l’or ne saurait rester juste et celui qui poursuit le gain se laissera fourvoyer par lui." (Si 31 :5-11).
Et :
« Qui aime l’argent ne se rassasiera pas d’argent, ni du revenu celui qui aime le luxe » (Ecc : 5,9) (Ecclesiaste)
De plus, non seulement l'adoration de l'argent rend mauvais, mais est aussi d'une grande futilité, comme il est dit dans l'affaire "rendez à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu" dans Matthieu 22: 17-21. Ces versets montrent Jésus opposant clairement Dieu et César, dont le portrait se trouve sur les pièces de monnaie. Ce n'est que pure ironie. En effet Dieu, créateur du Monde, de ce qui est visible et invisible, possède tout, par définition. César, qui se prend pour dieu, ne peut rien posséder qui n'appartient déjà à Dieu. Rendre un "rien" à un faux dieu symbolisé par une pièce de monnaie, c'est celà l'enseignement par l'absurde que Jésus propose aux pharisiens.
Cette histoire renvoie à une autre croyance : que l'on peut tout avoir par l'argent, sur le plan individuel bien sûr, mais aussi sur le plan collectif, par la circulation de l'argent, le marché. L'argent et sa circulation, le marché, sont, par conséquent, le "Dieu" qui "créé" tout (voiture, maison, smart phone, lave-linge, sécurité sociale, emploi, éducation, etc ...).
Une telle croyance était déjà combattue bien avant Jésus, par les paroles de Dieu mises dans la bouche du prophète Jérémie, soulignant la futilité des trésors et richesses, individuels, comme collectifs :
« Ta richesse et tes trésors, je vais les livrer au pillage, sans contrepartie, à cause de tous les péchés, sur tout ton territoire. » (Jérémie 15, 13)
En effet, une crise financière, une catastrophe écologique, une guerre, une pandémie, ... et tout s'évapore !
Terminons, tout de même, sur une note (un peu) consensuelle. Il existe dans la Bible quelques passages pronant la "voix médiane", ne rejetant pas le "gain juste", pour être "ni pauvre ni riche", des versets sociaux démocrates en quelque sorte, comme cette prière :
"J’implore de toi deux choses, ne les refuse pas avant que je meure : éloigne de moi fausseté et paroles mensongères, ne me donne ni pauvreté ni richesse, laisse-moi goûter ma part de pain, de crainte que, comblé, je ne me détourne et ne dise : “Qui est le Seigneur ?” Ou encore, qu’indigent, je ne vole et ne profane le nom de mon Dieu » (Pr 30,7-9).
Nguyen Hoai Van
09/05/2022