L'épisode 3 de Harry Potter, "le Prisonnier d'Azkaban", entre autres, serait un excellent vecteur de leçons de psychologie voire de psychothérapie.
La prison d'Azkaban est gardée par des démons appelés "détraqueurs" ou "dementors" en anglais , clairement identifiés comme représentant la Peur. Comprendre : c'est la peur qui nous emprisonne, nous "détraquent", nous rendent "déments".
Il y a des peurs irrationnels (dans le film : un brave prof, une arraingée ...), représentés par des démons appelés "épouvantards", qu'il faut combattre par un tour de magie utilisant l'incantation "riddikulus". Autrement dit : transformer mentalement ces peurs en quelque chose de risible, ridicules (ridere culus : le cul qui rit ?). Dans le film le professeur nu en caleçon, ou l'arraignée maladroit dérapant et s'effondrant à chaque pas.
Il existe d'autres peur qui ont un support plus réel (les "vrais" démons ...) contre lesquelles on enseigne aux apprentis sorciers de faire revivre dans leur esprit une expérience agréable, positive, puissante etc... accompagnée de l'incantation "spero patronum", dont la signification est limpide. Spero vient du verbe sperare : espérer, et patronum, le "patron", celui qui protège (d'aucuns invoquent leurs "saints patrons").
Il y a aussi la peur de soi : le professeur Remus Lupin a peur de lui-même, quand il se transforme en loup garrou capable de faire du mal à n'importe qui, même aux gens qu'il aime. Notons que Remus n'est autre que l'enfant nourri par la Louve, dans le mythe fondateur de Rome. Lupin (de Lupus) voulant dire tout simplement "loup".
Harry, lui, a peur de la peur, ce que Lupin interprète comme une forme de maturité. En fait, au début de l'histoire, Harry a peur du prisonnier d'Azkaban, qu'il imagine vouloir le rechercher pour le tuer. Ce dernier se révèlera être un excellent ami de ses parents, et par dessus tout, son parrain, ayant pour lui que de l'affection. Si, au début, Harry a peur de ce qu'il ne connait pas, une fois informé, il se met à espérer. C'est avec le "prisonnier d'Azkaban" que Harry aimerait vivre, plutôt que de retourner dans l'horrible famille de son oncle. Seulement ce protecteur providentiel est considéré par tous comme un criminel, obligé, qui plus est, de s'enfuir en chevauchant l'Hypogriffe, animal fantastique condamné, injustement lui aussi, à mort. Sous le regard plein d'inquietude de Harry ...
Après avoir eu peur DE son avenir, Harry a peur POUR son avenir ...
Excellent résumé de la psychologie de l'adolescent !