Candrakīrti, mot sanskrit signifiant la renommée de la lune (candra: lune; kīrti: renommée); était un philosophe indien de l'école madhyamika du bouddhisme mahāyāna, il vivait au milieu du VIIe siècle.
De l'utilité de tout réfuter :
Chaque idée, concept, affirmation ou négation que nous énonçons, peuvent être réfutés par son contraire. De plus ils nous enferment dans un point de vue dogmatique qui ne serait plus en rapport avec la réalité concrète, celle de ce que nous vivons, ressentons, voyons. Candrakirti réfute donc toute les idées et croyances, en même temps que leurs contraires, considérant cet exercice comme une "hygiène" de l'esprit, permettant d'être libre de choisir, face à une situation concrète, tel ou tel concept déjà renié (comme ayant une valeur en soi), pour l'utiliser de façon utile, pour le bien d'autrui. Toute idée est relativement fausse, certes, mais pourrait être utile, en fonction d'une situation réellement vécue (*).
On pourrait avec cette "méthode" se représenter l'image du Bodisatva avec ses 10 têtes, une pour chaque façon de pensée, souvent contradictoire, et plein de bras pour aider ses prochains, avec la pensée, l'idée, judicieusement choisie.
C'est, en gros, ce que je comprend de ce texte, dont la lecture réserve de nombreuses surprises.
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(*) Je crois que c'est en cela que le madhyamika diffère de la dialectique Hegelienne, dont la marche mène vers une synthèse transcendentale, et de la dialectique Marxiste, dont l'objet est de s'approcher du réel, sans jamais l'atteindre, par négations successives, se servant de la lumière de l'expérience.